Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.
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mardi 17 juin 2014

Planète foot


Regarder du football est plutôt un loisir d'expatriés. Le foot a de la peine à prendre racine en Chine, j'en ai déjà un peu parlé. Il y aura bien sûr toujours quelqu'un qui connaît un Chinois qui est passionné, mais la proportion Occidentaux-Chinois dans les "sports bars" est plutôt en faveur des premiers. Ceci dit, je ne sais pas ce que les gens regardent chez eux.


Malgré tout, la tension est montée gentiment, grâce aux sponsors officiels et à ceux qui profitent du Mundial pour mettre en avant leur lien avec le foot, tous exhibant des publicités criardes dans les rues et les stations de métro.


Les horaires des matchs sont plutôt ingrats pour notre partie du monde, les premières rencontres ayant lieu à minuit, puis 3 heures du mat, puis 6 heures... Il faut vraiment être fan, ce que je ne suis pas, en plus il est de bon ton d'aimer la bière, ce que je ne fais pas. Il se trouve que je vis avec un homme qui aime être entouré quand il va voir des matchs, qui aime la bière et qui perd tout discernement pendant toute la durée de la manifestation. Nos avis divergent, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde...  





















Nous avons toutefois répertorié ensemble les endroits où aller voir les matchs, ce n'est pas ce qui manque dans notre quartier. Les différents fans ont leur coin. Le choix va dépendre de l'offre, en attendant les rencontres, puis pendant les jeux. A 6 heures, le café pourrait être bienvenu, à minuit moins.

 



















Le Swiss Club a choisi un bar en bord de la Concession française. J'avais dit que j'irais, j'ai tenu ma promesse. J'avais pensé m'y ennuyer, un présage qui ne s'est pas réalisé : je n'ai pas vu le temps passer. Cerise sur le gâteau, la Suisse a gagné (péniblement !).


J'y retournerai la nuit de vendredi à samedi pour le match Suisse-France, à 3 heures. Est-ce que je serais en train d'y prendre goût ?

jeudi 12 juin 2014

Interdiction totale de la publicité sur le tabac

(Reuters/Stringer)
Nos récents visiteurs ont constaté que l'on fumait moins à Shanghai, que de nombreux endroits publiques n'apportaient plus systématiquement des cendriers dès que nous posions nos fesses sur une chaise. Rien à voir avec la chasse aux fumeurs d'Europe ou d'Amérique du Nord, mais une nette amélioration pour le bien-être des non-fumeurs. J'avais parlé de la fumée en juin 2012 en terminant mon article par un "à suivre" dubitatif. Je n'aurais pas dû douter, les choses changent.

(AzuriaBlog)
Lors d'une conférence à Beijing le 9 juin 2014, un groupe formé de chercheurs, de professionnels de la santé, de gens de loi et d'experts dans le domaine de la lutte antitabac ont présenté une lettre appelant l'interdiction totale de la publicité sur le tabac. Selon le projet, les publicités sur le tabac seront interdites à la radio, à la télévision, au cinéma, dans les journaux, les publications électroniques, les réseaux de communication mobile, Internet. Pas de pub non plus dans les salles d'attente, les théâtres, les salles de réunion, de gym, les stades, bibliothèques, maisons de la culture, parcs, hôpitaux, écoles et transports publics. Partout, donc.


Selon un rapport publié par le CDC (Centre chinois de contrôle des maladies de Chine) du 28 mai, près de 7% des étudiants de premier cycle du secondaire (entre 13 et 15 ans) sont fumeurs et plus de 48 pour cent des élèves ont vu une publicité pour le tabac dans le mois précédent. 


La Chine a signé la Convention cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) en 2003, entrée en vigueur en 2006, qui oblige les signataires à "interdire totalement la publicité sur le tabac, la promotion et le sponsoring." 

(CNS)
Li Keqiang, "notre" Premier ministre
(Firstpost.World)
Il est grand temps d'agir. A la chinoise. Preuve que c'est du lourd, le projet d'amendement a été examiné lors d'une réunion exécutive du Conseil d’État présidé par le premier ministre Li Keqiang et sera soumis à l'organe législatif après d'autres révisions.Liang Xiaofeng, directeur adjoint du CDC, a déclaré la formulation de la lettre présentait des failles qui pourraient être utilisés par l'industrie du tabac. Par exemple, aucune mention n'est faite des établissements d'activités parascolaires. D'ailleurs, la loi sur la publicité actuelle, en vigueur depuis 1995, ne comprend pas non plus une telle interdiction, qui devrait être stipulée dans l'amendement. Celui-ci pourrait couvrir globalement toute la publicité de toute sorte, comme l'exige la Convention-cadre. " Il a fallu 20 ans avant que la loi sur la publicité soit modifiée, cela pourrait prendre encore 20 ans si nous ne parvenons pas à inclure une interdiction explicite de la publicité du tabac dans la loi cette fois", a déclaré Wu Yiqun, directeur adjoint d'une organisation non gouvernementale, le Centre de recherche pour le développement de la santé. On n'est pas sorti de l'auberge...



Encore et toujours : A suivre... 

samedi 7 juin 2014

Le gouvernement central va chouchouter le Xinjiang


C'est en tous les cas ce que nous annonce l'agence Xinhua (Agence Chine Nouvelle, souvent porteuse de bonnes nouvelles.


C'est un fait, nous dit-on, le Xinjiang a besoin d'un coup de main dans les domaines de l'emploi, l'éducation et la gestion de la pauvreté pour améliorer les conditions de vie de toute la population de la province du nord-ouest. Plus d'écoles, plus de places de travail pour les autochtones, plus d'investissements. Tant qu'à faire, on va améliorer ou construire des infrastructures pour les transports, la conservation de l'eau et l'agriculture. Tout cela profitera à toutes les ethnies du Xinjiang. C'est Xi Jinping lui-même qui l'a dit. Ces mesures ont été prises lors d'une réunion (de crise, je suppose) à la suite des bombardements qui ont eu lieu à Urumqi/Wulumuqi (j'en ai un peu parlé ici).


Le même jour, tiens donc, la même agence, jamais en mal de bonnes nouvelles au risque de me répèter, nous informe du succès de la course d'essai du train à grande vitesse qui relie Lanzhou dans le Gansu à Wulumuqi. Malgré les vents, malgré une grande partie du trajet dans le désert de Gobi, les 1776km qui les relient vont être engloutis en moins de 8 heures, au lieu des 21 heures actuelles. Premiers voyages en fin d'année.  Non seulement, on connecte le Xinjiang au reste du pays, mais on planifie de le relier à l'Asie centrale via le Kazakhstan, voire à l'Europe. Ils en ont de la chance, ces gens du Xinjiang.


En faisant quelques rapides recherches, je suis tombée sur un article de 2009 dont voici quelques extraits : 
"Depuis la fondation de la Chine nouvelle, le gouvernement central a considéré [...] comme une politique fondamentale de l’État d'apporter son aide aux ethnies minoritaires des régions frontalières pour développer la politique, l'économie et la culture et d’avoir pour objectif l’enrichissement commun de la nation chinoise. [...] Au cours de l'élaboration et l'exécution de dix plans quinquennaux, le gouvernement central a classé toujours les projets de la construction des infrastructures, du développement des infrastructures agricoles et de l'édification du système industriel moderne du Xinjiang parmi les projets clés de l'Etat et a pris une série de mesures spéciales et préférentielles afin d'assurer l'application de ces plans. [...] Entre 1950 et 2001, un montant d'investissement de 501,515 milliards de yuans a été acquitté dans les immobilisations,  [...]  ce qui a permis de construire plus de 90 000 projets dont 178 d'une grande et moyenne importance et un grand nombre de projets qui exercent une influence importante sur le développement économique du Xinjiang. Cela a permis de jeter une base solide pour soutenir la croissance durable de l’économie du Xinjiang.[...]


Les résultats des discussions de la semaine passée me donnent soudain une impression de réchauffé.

Toutes les photos de cet article ont été prises à Wulumuqi
en octobre 2013 (à part celle du train, bien entendu)

samedi 31 mai 2014

L'enfant-oiseau


Cette histoire se passe au nord de la Chine, dans le Shanxi. C'est celle de la famille Wang, Keran la fille, 3 ans, et de son père Zhihua, 27 ans.


Keran souffre d'une maladie rare, achalasia, ou troubles des muscles de l’œsophage l'empêchant d'avaler la nourriture. En 2012, elle s'est mise à vomir, puis à perdre ses quelques dents pour cause de malnutrition. Elle ne peut être soignée, son père n'en ayant pas les moyens. Le seul moyen de garder sa petite en vie est qu'il mâche la nourriture et la passe dans la bouche de sa fille, comme le font les oiseaux.

Il l'a fait pendant 18 mois, lui dont le boulot est de réparer les rails des trains autour de son village et qui gagne 20 000RMB par an, alors qu'il doit en plus s'occuper se des parents en mauvaise santé. Le traitment pour sa fille coûte 50 à 60 000RMB. Des photos de Zhihua et Keran ont envahi la toile la semaine passée, attirant l'admiration et la sympathie des internautes qui se sont mobilisés pour permettre de récolter assez d'argent. En moins d'une semaine, la famille a reçu 170 000RMB. Keran a immédiatement été admise dans un hôpital de la région où les médecins ont planifié une opération et un plan de nutrition.

L'enfant est maintenant nourrie par sonde, mais elle aime recevoir la nourriture pré-mâchée par son papa. Alors il continue, il faut qu'elle mange, qu'elle prenne des kilos. Il est positif, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Il déclare déjà que dès que les frais du traitement seront payés, il reversera l'argent à d'autres dans le besoin

vendredi 30 mai 2014

C'est l'été


C'est officiel, l'été est arrivé : la température a dépassé 22°C pendant cinq jours consécutifs. Le premier de ces cinq jours - donc le 21 mai - est déclaré officiellement l'été. On ne rigole pas quand c'est officiel.


Il a de l'avance cette année, en moyenne il se pointe le 29 mai. Le plus tôt, selon les statistiques existantes, était le 6 mai 2009, le plus tard, le 4 juillet 1911.


Pour mémoire, l'été le plus long a été celui de 2013, 157 jours. Nous en avons vus 130. De celui-ci, nous en verrons 40. Ici, et des autres, moins chauds, ailleurs.

mercredi 28 mai 2014

Prendre le métro à Beijing


Le 22 mai, un attentat meurtrier a eu lieu à Urumqi/Wulumuqi, capitale du lointain Xinjiang. Encore un, serait-on tenté de dire.

 
lemonde.fr commente : " Tout comme l'attaque du 30 avril à la gare d'Urumqi, intervenue le dernier jour du déplacement officiel du président chinois Xi Jinping au Xinjiang, le massacre d'hier est des plus embarrassants pour le pouvoir : il a eu lieu alors que M. Xi accueillait à Shanghaï plusieurs chefs d'Etat étrangers dans le cadre d'un sommet régional sur la sécurité en Asie, la CICA, à laquelle la Chine souhaite donner davantage de crédibilité internationale. En cela, l'attentat démontre les failles béantes d'un système policier obnubilé par la répression politique, religieuse et culturelle des Ouïgours, et bien plus démuni qu'on pourrait le croire lorsqu'il s'agit de lutter contre des cellules de combattants néo-fondamentalistes. [...] Les médias chinois, qui ont dénoncé un « acte de terreur » et un « crime contre l'humanité » [...] Des témoins ont assuré que la police a tiré. Le sort des terroristes n'est pas connu, mais une source a affirmé que plusieurs d'entre eux ont péri. [...] La ligne officielle est de dénoncer les terroristes comme une « poignée de séparatistes » aspirant à gâcher les bienfaits du développement chinois et de l'harmonie interethnique. [...] " Pour l'article complet, c'est ici.
 

Beijing-la-politique, apparemment, s'attend à des représailles. Le réseau de métro de la ville est le plus fréquenté de la planète (env. 10 millions de passagers quotidiennement). En temps normaux, les voyageurs doivent déjà affronter des conditions peu enviables :
  • des bouchons qui battent des records. On se souvient de celui d'août 2010, 12 jours, près de 100 km de long;
  • des transports en commun bondés aux heures de pointe;
  • des taux de pollution si élevés que le vélo ou la marche ne sont pas une option saine.
Les voilà qui doivent maintenant faire face à un nouvel obstacle, les contrôles de sécurité serrés. Ronchonnent-ils ? Font-ils ami-ami avec leurs voisins d'infortune ? Rêvent-ils de vivre sur un île déserte ? Détestent-ils les Ouïghours ? Il faut avoir une sacrée foi dans son gouvernement pour accepter des conditions pareilles, matin et soir.


Ces photos des files d'attente ont été prises le 27 mai 2014 à la station Tiantongyuan North par Jason Lee (Reuters)


samedi 24 mai 2014

Diplomacie à domicile


Le 20 mai, le président Xi Jinping et son épouse ont donné un grand banquet à Shanghai pour inaugurer solennellement le 4e sommet de la Conférence pour l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA). C'est la première fois que le sommet de la CICA - ce forum de discussions sur la sécurité en Asie qui rassemble le plus de pays - se tient en Chine. Le président chinois Xi Jinping a prononcé un discours le 21, qui a présenté ses vues sur la situation sécuritaire actuelle en Asie, tout en avançant les propositions de la Chine sur le renforcement du dialogue et de la coopération sur la sécurité en Asie. 


Ce sommet de la CICA a réuni les dirigeants, responsables ou représentants de 46 pays et organisations internationales, parmi lesquels figurent onze chefs d’État, un chef de gouvernement et dix dirigeants d'organisations internationales dont le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, inscrivant ainsi ce sommet au plus haut niveau dans l'histoire de la CICA.
La Chine, qui attache une importance particulière à ce somment, l'a classé comme étant l'une des deux activités majeures de " diplomatie à domicile " de l'année. L'arrivée successive des hommes politiques de tous les continents a mis Shanghai à l'heure de la " CICA ".


On retrouve les couleurs chinoises et le drapeau de la CICA tout au long de la route qui relie le centre ville à l'aéroport, et le long des routes principales de la ville de Shanghai. Dans le même temps, des mesures de sécurité plus strictes ont été prises : nombreux policiers supplémentaires (dont 300 000 volontaires) ont patrouillé. Les rues et les stations de métro étaient bien surveillées. Le Huang Pu a été fermé à la circulation fluviale et les bâtiments du Bund inaccessibles.







  



Le gouvernement municipal de Shanghai a également informé le public que le 21, jour d'ouverture du sommet, serait un jour férié, et a émis un avis temporaire de fermeture de certaines routes.





















Et tout ça pour arriver à quoi ? 
" La CICA soutient des solutions ordonnées et pacifiques aux questions touchant les régions sensibles. " ( Source: Xinhua, Agence Chine Nouvelle ) Bravo !
Et pour un joli accord : un méga-contrat gazier très attendu, fruit d'une décennie de négociations, qui s'élève à 400 milliards de dollars sur 30 ans. Selon les termes du contrat, la Russie fournira en gaz la deuxième économie mondiale à partir de 2018 et le volume livré à la Chine augmentera progressivement "pour atteindre à terme 38 milliards de m3 par an", a indiqué le géant énergétique chinois CNPC dans un communiqué. Et les autres participants, ils ont pris des photos ?

lundi 31 mars 2014

Deux jours de célébrations nationales en plus


Le 27 février 2014, les législateurs chinois ont accepté d'inscrire au calendrier national deux jours supplémentaires pour célébrer la victoire chinoise sur le Japon lors de la 2e guerre mondiale et pour commémorer le massacre de Nanjing de 1937.

Le 3 septembre se nomme Jour de la Victoire contre l'Agression Japonaise (on note les majuscules) et le 13 décembre Jour National à la Mémoire des Victimes du Massacre de Nanjing par les Envahisseurs Japonais. 

J'ai choisi des photos de moments paisibles
à Nanjing
C'est vrai que les Japonais ont été particulièrement agressifs et que les deux pays ont été en guerre de 1937 à 1945. Quand on visite Nanjing, on se rend compte que la blessure est encore terriblement ouverte. J'ai trouvé un résumé sur Internet qui m'a paru intéressant, parce qu'il prenait un peu plus de recul que les articles chinois qui ont paru dans nos quotidiens (et certainement les réactions japonaises outrées) :

" Pour les Chinois de toutes origines et opinions, Nankin est devenu un drame du même ordre que celui de Hiroshima, ou même d’Auschwitz. En même temps, on voit encore beaucoup de Japonais s’efforcer, sinon de nier complètement les crimes de leur armée, du moins de les minimiser et de leur trouver des excuses.
Pourtant, pour quiconque prend la peine de se pencher sur les nombreuses preuves disponibles, le déroulement, les responsabilités et la taille (y compris le nombre de victimes, qui a donné lieu à tant d’empoignades) ne sont pas excessivement difficiles à établir, avec un bon degré de précision. Aucun autre massacre dans l’histoire asiatique n’a eu autant de témoins prêts à déposer et à écrire ! Mais la centralité même de Nankin dans le récit de la guerre sino-japonaise de 1937-45 a malheureusement favorisé les rideaux de fumée inspirés par l’idéologie, et ce des deux côtés. [...] "
 Jean-Louis Margolin, Une réévaluation du massacre de Nankin

L'article en entier m'a passionnée. Un lien se trouve ici


Je ne suis ni historienne, ni japonaise, ni chinoise. Pire, je n'ai jamais connu de guerre, je viens d'un pays qui brandit sa neutralité à chaque instant. La guerre est abominable, cruelle, n'importe où, n'importe quand. Pas de bons, pas de mauvais, tous les camps ennemis nous cachent tellement de choses, même beaucoup plus tard, que prendre parti est impossible, tous mauvais ! Dans cette histoire, ma seule réaction est de me demander si ce ne serait pas le moment de tirer un trait et d'avancer, d'un côté comme de l'autre. Inscrire ces deux jours au calendrier national, c'est peut-être un respect pour pour ceux qui ont laissé leur vie il y a plus de 70 ans, mais c'est aussi raviver la haine. On l'a vu en 2012 à cause de ces îles dans la mer de Chine.


Et si jamais la Chine revenait sur sa décision, ne perdons pas le 3 septembre, c'est mon anniversaire.

vendredi 28 mars 2014

Je te gratte le dos, tu me grattes le dos




En quelques semaines j'ai reçu des invitations de personnes que je connaissais, des invitations à confirmer que justement je les connaissais, et qu'il fallait que je le crie haut et fort sur LinkedIn. Comme je ne figure pas sur cette plateforme, j'ai envoyé à chaque fois un petit mot à leur adresse email (que je connaissais aussi) du genre "Je confirme que je te connais, mais je ne peux pas te le dire sur Linkedin puisque je n'ai pas envie de m'y inscrire." Par retour du courrier, j'ai reçu un message personnel "Ce n'est pas grave, je ne t'en veux pas", quelque chose comme ça, et l'affaire était réglée à la satisfaction des deux personnes concernées. Mais pas à la satisfaction de LinkedIn qui m'a envoyé plusieurs rappels. Pourquoi tant d'acharnement ?


C'est à la lecture d'un communiqué que j'ai compris que celui qui se nomme "le plus grand réseau professionnel du monde" avait attaqué la Chine, en chinois dans une version beta. D'après l'article, c'est encore un peu artisanal si on essaie de s'y rendre directement, qu'il y a des opérations à exécuter manuellement, alors que si on réagit à une invitation tout est plus simple. La version en anglais existe toutefois ici depuis une dizaine d'années, mais en chinois c'est tout neuf.

Le logo de Lagou.com
Il faut dire que site devra mettre mettre les bouchées doubles s'il espère concurrencer la compétition locale, à savoir Dajie.com et Lagou.com. Et comme l'indique un spécialiste "La demande en réseautage professionnel sérieux n'est pas aussi grande que le pour le réseautage social."Je comprends donc mieux pourquoi j'ai reçu tous ces rappels. Encore et toujours, le marché chinois fait briller les yeux du monde entier.