Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.

dimanche 6 mai 2012

La fondue


Cette fois, ça y est ! Nous avons dégusté la vraie fondue du Sichuan, celle qui brûle la bouche et fait suer à grosses gouttes... et nous sommes toujours vivants, et plutôt enchantés de cette audace.

Des épices du Sichuan, j'en ai déjà parlé :  http://da-ni-mon-oeil.blogspot.com/2012/04/gastronomie-du-sichuan-wo-pa-la.html, je ne vais donc pas y revenir. Dans ce billet, il est question de l'ambiance et de notre expérience. Tout d'abord, le quartier. Des restaurants, des ruelles, des passages réservés à la fondue :


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Après hésitation, nous avons jeté notre dévolu sur un restaurant et, dès notre entrée, nous sommes pris en charge. Nous choisissons le genre de base de fondue, moitié-moitié, épicé et plus neutre, pour essayer de survivre. Immédiatement, on nous apporte un bol d'ail et un bol de coriandre et un sachet d'huile. Hop, au boulot, préparons notre "sauce".

Ingrédients pour la "sauce"

Pendant que le bouillon (goût neutre) et l'huile aux piments chauffent au milieu de notre table, on nous apporte les plats de viandes, poisson, légumes que nous avons commandés : bœuf, mouton, boulettes de viande, laitue, lotus, tofu, soja...

Ca, c'est pour nos voisins
 
Et ça, c'est à nous

La serveuse veille sur nous, nous protège de toute fausse manipulation et nous donne le feu vert pour commencer notre repas.

Moitié-moitié

Commençons par la version "soft" : facile et délicieux. On prend de l'audace, trempons une tranche de viande dans l'enclave du milieu... pas trop longtemps. Ca va ! Ca brûle, mais ça va... Il a sa bière pour adoucir, elle a tout un thermos de thé pour calmer l'incendie.


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La serveuse nous couve des yeux, reverse du thé, de la bière, nous apporte des serviettes, nous aide à mettre toute les pousses de soja en un coup dans le bouillon, à repêcher un poisson, à baisser le feu, à rajouter du bouillon...

Comme Fred était affamé quand il a passé la commande, il y a bien sûr un peu trop sur la table. Nous n'en pouvons plus. Alors il va vers la table d'à côté, deux jeunes couples, pour leur proposer nos restes de mouton, sous le regard amusé de la serveuse. Qu'ils acceptent. Quelques minutes plus tard, un des gars arrive avec son verre et des cigarettes pour nous en offrir. Gan bei, 干杯, cul sec à la bière avec Fred, on est potes et l'autre arrive pour la même raison. Tout ça pour quelques misérables tranches de mouton. C'est ça, je crois, qui rend les Chinois attachants. En tous cas, moi, c'est cette gentillesse qui me touche.

Avant de partir, Fred, qui s'y connaît en "savoir-vivre à la chinoise", repasse près de la table voisine pour distribution de clopes et Gan bei, 干杯, pendant que je règle la note et essaie de refiler un pourboire à notre serveuse. "Exclu, vous êtes des étrangers, vous avez besoin d'aide, c'est normal que je vous aide". Est-ce qu'un jour j'arriverai à faire accepter un maigre billet pour service hors-norme ? Est-ce qu'on ne pourrait pas envoyer certains restaurateurs et hôteliers de chez nous en stage ici, pas pour le pourboire, mais pour apprendre ce qu'un accueil et un service chaleureux signifie ?

En tous cas, quand nous partons, nos voisins, les gens de la table derrière nous et notre serveuse prennent congé de nous bruyamment. La fondue crée la bonne humeur !

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