Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.
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mercredi 26 mars 2014

Les monstres du métro


Du métro, j'en ai déjà parlé à de nombreuses reprises. Ah, le métro et ses heures de pointe (entre 7.30 et 9.30 heures, puis entre 16.00 et 19.00 heures) pendant lesquelles nous nous entassons et nous devons encore faire une petite place à quelqu'un qui a fait un shopping d'enfer ou qui a décidé de livrer une série d'ordinateurs sur un diable... C'est à ce moment que l'on se dit qu'on aurait dû attendre ou se dépêcher, selon l'heure à laquelle on regrette amèrement d'être en ligne devant les portes ou coincée sur un seul pied, le visage balayé par une queue de cheval et abrité par un bras qui s'accroche à une poignée juste au-dessus de notre tête. 8 millions de passagers sur 15 lignes, il y a de quoi observer.

Le monstre des portes qui ne monte
ou ne descend pas, qui bloque les portes,
même s'il y a de la place à l'arrière
Le monstre-tortue avec son sac à dos
destructeur qui ravage tout sur son
passage



Il se trouve que je ne suis pas la seule à faire ce constat puisqu'un dessinateur de BD taïwanais, Qiao Ke, vient d'illustrer des situations qui devait aussi l'énerver et qui ont trouvé un écho à Shanghai. Les voyageurs ont souri, ils approuvent.

Le monstre dormeur qui occupe
un siège réservé aux personnes âgés,
ou s'étale sur plusieurs places, mais
qui se réveille par magie à sa station.
Le monstre accroché qui frappe
de son coude tout ce qui l'entoure.
Encore pire en fin de journée,
merci les odeurs.
















Le montre-lecteur passionné d'infos
qui déploie son journal sans se
préoccuper des autres.
Le monstre curieux qui surveille
ce que les autres lisent ou écrivent
par-dessus leur épaule.





Tous ces monstres ont bien fait rire Fred qui en a reconnu plusieurs lors de ses nombreux déplacements en métro et qui m'a conseillé de me pencher sur le sujet.

Le monstre à queue de cheval qui
ne peut s'empêcher d'agiter sa
tête de façon vigoureuse et
constante-
Le monstre-rugbyman qui se rue
dans le wagon, écrase tout le monde
et qui fait encore de la place pour
ses potes.















Le monstre-pole dancer qui s'enroule
autour d'un poteau, empêchant ainsi
quiconque de pouvoir se tenir.
Le monstre-caillou qui dépose son
baluchon droit devant la porte
bloquant ainsi le passage.
Les voyageurs ont souhaité suggéré d'autres dessins à l'artiste : le monstre bondissant qui se rue avec force sur tout siège devenu vacant, le monstre envahissant qui ne se contente pas d'étaler ses jambes, mais répand aussi ses possessions sur d'autres sièges, le monstre affamé qui engloutit des choses parfois peu ragoûtantes, le monstre-distributeur de flyers...

Moi, j'ajouterais encore : le monstre-hurleur qui pense que son correspondant téléphonique est sourd, ou le monstre-joueur qui doit avoir dépensé toutes ses économies dans un téléphone ou une tablette, à qui il n'est plus resté un yuan pour des écouteurs nous infligeant ainsi des bruits de balles, de fusées ou des dialogues de séries TV.

mardi 11 décembre 2012

Aéroport de Pudong


L'aéroport international de Shanghai-Pudong est l'aéroport principal de Shanghai. L'autre aéroport de la ville est Hongqiao qui est devenu un aéroport pour les vols domestiques et qui, après avoir souffert d'être relégué dans ce rôle "secondaire", s'est vu décoré de la toute nouvelle gare de trains à grande vitesse.

A 30 km du centre, 40 km de l'autre aéroport.
L'aéroport de Pudong, on le voit ci-dessus, est situé au bord de la mer, tout à l'est du district de Pudong. Il occupe 40 km2  et tout à côté on est en train de construire Disneyworld.

Nous, les voyageurs, pensons qu'il nous réservé quand nous partons ou revenons. Pas du tout. Nous devons le partager avec des tonnes de colis puisqu'il est devenu le plus gros hub d'Asie pour DHL et UPS depuis juillet 2012. Shanghai aime battre des records.

Une maquette de l'aéroport difficile à photographier au
Musée d'Urbanisme
L'aéroport a deux terminaux pour ses passagers (40 578 621 passagers en 2010, 87 compagnies, 194 destinations) flanqués de chaque côté de trois pistes d’atterrissage/envol. Un troisième est planifié pour 2015, un satellite avec deux piste supplémentaires. Capacité prévue 80 millions de passagers et 6 millions de tonnes de freight.


C'est parfois plein de vide, d'autres fois, aux périodes de
grande transhumance, toutes les files sont pleines
Le Terminal 1 a été inauguré le 1er octobre 1999 pour soulager Hongqiao. Il a fallu attendre le 26 mars 2008 pour fêter l'arrivée de Terminal 2.


Ouvert 24h/24h, il est relié à la ville par un train magnétique, le maglev qui peut glisser à la vitesse de 431 km/h. C'est joli, c'est impressionnant, mais à quoi sert-il puisqu'il ne va pas jusqu'au centre ? Une autre option, plus pratique est le métro ligne 2 qui relie les deux aéroports en 2 petites heures (et en passant par le centre).



Nous, c'est plutôt en taxi que nous nous y rendons. Tellement agréable de se glisser sur la banquette arrière, surtout quand il est question de valises débordantes et abominablement lourdes !

dimanche 15 janvier 2012

Métro : les contrôles vont disparaître



Au moment de passer au contrôle

Le comité de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois de Shanghai s'est retrouvé toute la semaine pour discuter de notre belle ville.

Avant que les discours ne commencent, c'est un nouveau membre qui a fait la une des journaux :

On voit que le joueur de basketball Yao Ming
prend son rôle très au sérieux (photo Shanghai Daily)

Mais je m'égare déjà et je n'ai pas encore commencé de parler de sécurité! Je m'y mets.

Je n'ai pas suivi tous les sujets abordés par le comité, manque de temps, manque d'intérêt. Il y en a toutefois un qui a attiré toute mon attention. Un membre du comité, Zang Zhinian, l'a dit clairement :

"Il y a des moments où les contrôles de sécurité n'ont aucune fonction parce ce que les inspecteurs dorment devant leur écran."

Ah, lui aussi, il a constaté ce dysfonctionnement! Voici comment cela se passe habituellement, ici à la station du Xujiahui :

 

Un test m'avait d'ailleurs fait sourire, le voici adapté en français.

Test publié dans Time Out Shanghai N° 17, May 2011

Le comité a donc décidé d'envisager la suppression de tels contrôles et de les remplacer par des contrôles aléatoires manuels et à l'aide de chiens renifleurs de liquides inflammables. Pas encore de date, mais une intense réflexion. Le système actuel, introduit pour l'Expo 2010, est cher et il n'y a que 30% de la population qui se fait contrôler dans les quelque 300 stations. Aux heures de pointe, il représente en outre un sérieux obstacle et une bonne cause d'embouteillage.

Rien à signaler

Nous sommes plusieurs à pouvoir certifier que certains contrôleurs dorment, et pas forcément le soir tard ou le matin tôt. Il y a aussi des contrôleurs zélés, voire carrément agressifs, qui s'attaquent aux passagers récalcitrants. D'ailleurs 22 inspecteurs ont été renvoyés en 2011 pour avoir dormi ou frappé des gens, 74 autres ont été envoyé en formation pour corriger ces mêmes fautes. Des villes comparables comme Tokyo et Moscou n'ont pas de tels contrôles.

Franchement, nous avions pensé que ces contrôles allaient s'arrêter avec la fermeture de l'Expo, que c'était une mesure temporaire comme les contrôles des papiers aux abords de la ville, l'interdiction de vendre des couteaux ou des DVD piratés et la disparition des motos à essence. Notamment. Avec le retour des motos, des DVD et des couteaux, nous n'avons toutefois pas constaté un retour de fluidité dans les stations de métro.



samedi 15 octobre 2011

La croisière s'amuse



Quand on entend "croisière", on imagine plutôt ça :


avec un capitaine beau à faire chavirer nos cœurs de midinettes et des paysages de rêve. Il faut tout de suite se ressaisir! Il y a d'autres croisières dans la vie. Des où ne voit même pas le capitaine et où les paysages traversés ne font même pas rêver (mais qui sont quand même drôlement bien). C'est de ça dont il question ici, une croisière sur le Huangpu.


Le Huangpu (黄浦江 ; pinyin : Huángpŭ Jiāng ; littéralement « rivière de la rive jaune ») est une rivière chinoise de 82.5 km qui traverse Shanghai. Elle est large en moyenne de 400 mètres pour une profondeur de 9 mètres. C'est le dernier affluent en rive droite du Yangzi Jiang (Yantze) à moins de 50 km de la Mer de Chine orientale. Il joue un rôle primordial dans la vie de la métropole lui offrant l'eau de "consommation courante" (terme plus approprié que "potable" qui est utilisé sur Wikipedia).

Nous avions pensé, en août 2010, que ce serait une bonne manière d'amener de la fraîcheur dans nos vies, mais n'avions pas trouvé de bateau autre que le ferry qui traverse le Huangpu en quelques minutes. Nous avons fait une tentative de croisière avec nos visiteurs d'avril, je l'appellerais un demi-succès. Il faut dire que le terminal des bateaux de tourisme venait d'être terminé et que nous avons un peu été baladés le long du Bund pour trouver le nouvel endroit. A ce moment-là, il était trop tard pour la croisière de trois heures. En une heure nous avons tout de même pu voir la ville d'une jolie manière.

C'est bien mal nous connaître que de penser que nous allions abandonner en si bon chemin. En juillet, nous avons remis ça avec nos visiteurs... de juillet. J'avais oublié mon appareil photo! Mais tout a bien joué, l'endroit du terminal, l'horaire, tout! Alors avec nos visiteurs de septembre, j'étais, cette fois, prête pour illustrer le voyage. Nous avions nos sandwichs, nos boissons, que la croisière démarre.

Cette croisière nous a mené du sud du Bund jusqu'à la mer de Chine, enfin plutôt en face de l'île de Changxing à travers le port de Shanghai. J'avais toujours envie de voir à quoi un port pouvait ressembler, Rotterdam, Hambourg, c'est un peu magique, non? Et voilà que Shanghai a dépassé en 2010 Singapour pour devenir le plus grand port de containers (Shanghai aime bien dépasser les autres...). Il y avait de quoi réjouir les mirettes.


Un départ en douceur avec vue sur le Bund (et commentaire en japonais, aussi)

On laisse la ville derrière nous...
... pour passer sous le pont Yangpu
Que le spectacle commence!
Et au passage revoir sa géographie


Et on en profite pour en dépasser des plus gros que nous
















 Un port de cette taille, c'est pas de la rigolade, quel univers fascinant!


Des hangars




Des structures de" lifting"


Un sous-marin


Des bateaux de guerre (avec munition)
Et bien sûr, des containers



Plus étonnant : une cloche!



La zone d'arrivée au port quand on vient de la mer
Un regard vers le large

 Au retour, prendre plus de temps pour observer la vie sur  l'eau, une autre ville...

 

Et pour eux, la croisière s'amuse vraiment.
Ils vont faire escale dans la ville

lundi 11 juillet 2011

Le prix des taxis augmente


Jusqu'à samedi, la prise en charge était de 12 yuans (y compris 3 km) puis 2.4 yuans par km supplémentaire. Plusieurs options ont été envisagées, augmenter la prise en charge, élever le prix du km. Finalement et pour au moins un an, ce sera 1 yuan de plus de prise en charge et 1 yuan fixe pour couvrir la hausse du prix du pétrole.

Les chauffeurs sont contents, les clients moins. "Je prendrai moins souvent le taxi, juste quand il peut ou seulement en cas d'urgence." "Tout augmente, ça ne va pas."

Un chauffeur de taxi fait une moyenne de 34.5 courses par jour. Il travaille en équipe pendant 15 heures chaque jour. Avec cette augmentation il pourra ainsi accroître son revenu d'au moins 500 yuans par mois, qui passeront dans la hausse effective du pétrole que le gouvernement devra continuer à subventionner puisque ce yuan fixe ne la compense pas totalement.





On est au-dessus des prix pratiqués à Beijing (prise en charge 10 yuans, puis, après les 3 premiers km, 2 yuans par km). Je viens de trouver cette information sur Internet. Il me semble qu'en avril la prise en charge était de 7 yuans. A Xi'an, c'est 6 et 1.5 yuans, à Guangzhou 7 et 2.6 yuans (avec surcharge pétrole de 1 yuan). Donc à Shanghai les taxis sont plus chers.

On ne pourrait que déplorer cette situation, pour nous qui les utilisons régulièrement, le métro étant tout de même notre moyen de transport local le plus courant. En fait, après avoir expérimenté les taxis dans d'autres villes, je pense que c'est bien qu'ils soient plus chers. En un an, nous n'avons jamais dû demander à un chauffeur de mettre en marche son compteur, ils le font automatiquement. Jamais une destination ne nous a été refusée, ils vont exactement et précisément là où nous leur demandons d'aller. Quel confort et quel soulagement!

A Beijing, ça n'a pas toujours été le cas. Heureusement, nous avons pris un taxi "correct" depuis l'aéroport. Nous avions ainsi un élément de comparaison sur une assez longue distance (80 yuans). Alors quand un chauffeur souhaitait négocier un trajet en ville pour 150 yuans, notre réponse était juste un grand éclat de rire. Et il ne s'est pas agi d'un cas unique. A tel point que c'est en métro que nous sommes allés reprendre l'avion à la fin de notre séjour. Une autre tactique que nous avons rencontrée là-bas, le chauffeur ne sait tout à coup plus lire du tout le chinois ou alors n'a pas la moindre idée de l'adresse à laquelle nous lui demandons de se rendre. Pas chez tante Zhang dans un faubourg éloigné, mais à une destination touristique de base...


Nous avons aussi rencontré ces attitudes à Xi'an, ville touristique s'il en est. Au répertoire pékinois, ajoutons la remarque: "Je sais où c'est, mais je n'y suis encore jamais allé." Peut-on dire que le chauffeur de taxi officiel de Xi'an manque d'audace?

Pour fêter cette hausse de tarif à Shanghai, on peut entonner l’hymne national ou faire un petit voyage de quelques secondes au-dessus de People's Square.