Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.

samedi 20 août 2011

Près de Xi'an : Hua Shan


Puisque nous sommes à Xi'an, profitons-en pour aller à Hua Shan, voir une fois autre chose qu'une ville, inaugurer nos chaussures de marche sur sol chinois et humer l'air pur des montagnes.

Notre fidèle guide nous a tentés : "Le Hua Shan est l'une des cinq montagnes sacrées du taoïsme. Ermites et sages se retiraient autrefois sur ses pics granitiques." Allons méditer...

Les cinq montagnes sacrées du taoïsme :
Tai Shan (泰山), situé dans le Shandong, Mont de l'Est (東岳) alt. max. 1 545 m
Song Shan (嵩山), situé dans le Henan, Mont central (中岳) alt. max. 1 512 m
Hua Shan (simp.华山 trad.華山), situé dans le Shaanxi, Mont de l'Ouest (西岳) alt. max. 2 220 m
Bei Heng Shan (恆山), situé dans le Shanxi, Mont du Nord (北岳) alt. max. 2 016 m
Nan Yue Heng Shan (衡山), situé dans le Hunan, Mont du Sud (南岳) alt. max. 1 360 m
C'est donc chaussés et habillés pour partir à l'assaut des cimes que nous prenons le train.

Xi'an doit être à un croisement
des destinations. Les trains en gare
me font rêver. Ici un train qui va tout
au sud de la Chine, à Guangzhou.
Et celui-ci vient de Wulumuqi au
nord-ouest de la Chine (nom chinois
de la capitale du Xinjiang, Urumqi)
pour aller à Shanghai, une petite trotte!













Avant de monter dans le train, il faut payer de sa personne. Nous ne sommes pas les seuls à vouloir nous déplacer en ce 30 avril 2011.










video

Une fois dans le train, c'est plutôt agréable pour faire une petite sieste, ou de nouvelles connaissances.


Le temps de nous décharger un peu dans notre hôtel et nous fonçons vers la montagne, la pluie est annoncée pour le lendemain.

Comme nous l'avions lu, la montée n'a rien d'une balade sur un sentier bucolique entre les arbres. Bon, si "bucolique" signifie aussi s'envoyer des centaines de marches creusées dans le granit, alors va pour bucolique. Mais mes genoux n'aiment pas trop cette définition. C'est donc en télécabine que nous attaquons l'ascension du Pic du Nord, avec la ferme intention, un fois en haut, de marcher vers le Pic de l'Est ou le Pic de l'Ouest, plus loin mais plus abordable.


Depuis notre cabine, nous prenons le temps d'admirer les pans de rochers et les sommets qui se dévoilent peu à peu. Ah, ça nous change de voir du relief!




Par contre, dès que nous sortons de la cabine, c'est l'horreur. Une telle foule, ça va dans une ville, dans une gare, dans un aéroport. Mais sur des chemins de montagne, c'est tellement hors de nos habitudes de pouvoir marcher des heures sans rencontrer personne que nous n'avons qu'une seule envie, redescendre au plus vite. Sauf... qu'il faut faire la queue pour redescendre! Alors, montons.


Que ce soit de chaque côté des marches ou le long des chemins, de solides chaînes empêche le marcheur distrait de s'égarer. Elles sont aussi bien utiles pour se hisser quand les marches sont un peu hautes. Ce qui ne figure pas sur les photos, c'est le nombre de policiers qui surveillent le flot des "marcheurs". Et nous, on est là, tout penauds, avec nos "gros souliers", nos sacs à dos à chercher un banc pour commencer notre petit pique-nique tiré du sac, entourés de gens en petites chaussures (voire des tongs) et portant des sacs en plastique.

Bien sûr que la vue est belle, bien sûr que nous avons bien choisi notre jour, mais n'aurait-il pas mieux valu être ici par un jour moins radieux? Déjà que le paysage aurait été moins convenu, mais aussi nous aurions pu le photographier sans avoir à attendre une "fenêtre" entre des groupes. Sûr, ça aurait été glissant, mais nous sommes équipés, bon sang!

 

Mais trêve de rêverie, rejoignons la file et allons tout de même au sommet du Pic du Nord. Et hop, une ou deux photos et qu'on redescende.



Plus vite dit que fait! La file d'attente a duré deux heures!



Que retenons-nous de cette aventure? Qu'il faut mieux lire les guides, ou lire entre les lignes. "De nos jours, les sentiers qui mènent au cinq sommets sont parcourus par des foules de touristes venus pour la journée, séduits par la perspective de paysages fabuleux." Nous ce qu'on a vu c'est: "De nos jours, les sentiers qui mènent au cinq sommets sont parcourus par des foules de touristes venus pour la journée, séduits par la perspective de paysages fabuleux.", alors qu'il aurait fallu lire : "De nos jours, les sentiers qui mènent au cinq sommets sont parcourus par des foules de touristes venus pour la journée, séduits par la perspective de paysages fabuleux." Et nous ne serions peut-être même jamais venus.


En reprenant le train le lendemain, nous rencontrons des étudiants en anglais de Xi'an très contents de faire un brin de conversation. Ils se pressent de plus en plus nombreux autour de Fred pour entendre ce qu'il a à raconter. Eux sont montés pendant la nuit par les marches, lampe de poche entre les dents, pour pouvoir admirer le lever du soleil depuis là-haut. Tellement impressionnée par la démarche, plutôt commune paraît-il, je ne me rappelle plus s'ils ont vu le soleil car, comme prévu, il pleut quand nous nous levons. Alors quand ils nous disent que c'est d'une beauté à vous couper le souffle, nous sommes obligés de revoir notre copie. "Oui, c'est magnifique là-haut, nous avons beaucoup aimé. Dommage qu'il y ait tant de monde."

Je tiens à remercier M. F.R. pour ses photos prises sur la montagne vu que cette bedoume d'Ancre de Chine avait laissé son appareil à l'hôtel. On imagine bien la panique : "Mais il est où, cette fois, je l'ai perdu, c'est pas malin, je me déteste...".

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