Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.

mercredi 22 juin 2011

Nouveau train Shanghai-Beijing

Elles sont drôlement jolies les hôtesses
(Shanghai Daily)


Au moment où je décide de trier les articles concernant la sensation de fin juin 2011, j'écoute la radio suisse romande. Et qu'est-ce que j'entends? Les CFF vont supprimer les ventes de billets dans les trains. Enfin, c'est à l'étude... Et j'écoute tous ces gens qui commentent, ceux qui pensent que des postes vont être supprimés. Et aussi ceux qui pensent qu'un tel service ne sert plus à rien puisque qu'il semble que peu de gens achètent leur billet à ce moment-là et qu'il y a des gens qui  "espèrent passer entre les gouttes et peuvent se contenter d'acheter un billet dans le train lorsqu'ils croisent le contrôleur, ce qui est loin d'être systématique sur de si petites distances. ". Et les touristes? Et les voyageurs qui ne souhaitent pas attendre le prochain train juste à cause d'un distributeur de billets? 90 balles! Je m'énerve vite avec ces histoires de CFF...

Mon histoire de nouveau train arrive à point nommé, semble-t-il. En effet, ça fait un moment qu'on nous donne des nouvelles de cette ligne. Elle va bien, merci. Les essais sont encore en cours et tout semble prêt pour foncer dans un sens comme dans l'autre sur les 1318 km de rails, lors des 90 voyages quotidiens dans chaque sens (!!!). Le trajet durera 4 h 48, pour les trains les plus rapides. Et pour ceux qui apprécient les chiffres, la vitesse a passé de 450 km/h à 300 km/h pour des raisons de sécurité. 

Bien sûr, ce n'est pas dans ce nouveau train
que cette photo a été prise, mais dans
le train Shanghai-Suzhou qui va aussi
bien vite.
Et celui-ci, le Maglev qui va à l'aéroport de Pudong
n'est pas en reste, mais il est magnétique
et le trajet ne dure que quelques minutes.














Hormis tous les avantages qu'on peut attendre d'un tel service, il y a quelques  "détails" qui nous paraissent mériter notre attention.
  • Des travailleurs vont s'occuper chaque nuit pendant 4 heures de la maintenance de la ligne.
  • Deux trains vides vont parcourir la ligne chaque matin afin d’obtenir le feu vert pour les trains de passagers.
  • Un système de contrôle va détecter les défectuosités ou toute bizarrerie, telle qu'un tremblement de terre et pourra ralentir ou carrément arrêter le train.
  • Il y a une barrière de 2m85 de haut tout au long de la ligne pour empêcher des gens ou des animaux de se balader sur les rails.
La spacieuse gare de HongQiao qui accueille ces nouveaux trains

Jusque là, rien d'extraordinaire. Mais attention:
  • Des patrouilles seront stationnées à chaque kilomètre le long des voies pour surveiller qu'il ne se passe rien qui pourrait gêner la sécurité de la ligne.
Alors là nous avons soulevé un sourcil. Il en faut du monde pour ces patrouilles, 1318 km, on se rappelle. Je ne sais pas combien de personnes forment une patrouille, mais sûrement plus d'une.


Le petit train gris

Et ça m'amène à une autre réflexion. La Chine, c'est un grand pays, avec plein de gens. Il y a donc par ici tout un tas de travaux qui sont effectués par des gens, alors que chez nous ils ont été remplacés depuis belle lurette par des machines ou des panneaux. Par exemple, dans "notre" station de métro (comme dans toutes les stations d'ailleurs), il y contrôles de sacs. A chaque poste, deux ou trois personnes et notamment une qui nous indique d'un geste de la main qu'il faut déposer son sac.

video

Les "malheureux" sont souvent ignorés, mais ils sont là. Franchement, je trouve plutôt sympathique d'avoir de vraies personnes, même si nous n'avons pas des échanges enrichissants. Je me demande toutefois ce qu'ils pensent de leur boulot et s'ils ne trouvent pas le temps long.

Des jobs semblables, il en existe aussi dans les hôtels. Je ne parle pas des portiers qui, par tous les temps, ouvrent et ferment les portes des voitures, notent les adresses en chinois et accueillent les hôtes. Non, eux nous sont familiers (enfin, si on va dans ce genre d'hôtel...). Par contre, la personne qui se trouve juste à l'intérieur, qui nous indique où se trouve la réception (tout à fait visible), cette personne, ne s'ennuie-t-elle pas un peu?

Et si je me retourne vers ma propre culture, n'a-t-on pas trop enlevé de ces postes considérés comme inutiles ou précaires, mais qui offrent quand même un rôle, une implication dans la société ou une expérience pour étudiant(e)?

Je suis dans la brume par rapport à ce sujet, comme on le voit. Et sûrement que je le reprendrai dans un autre contexte. Mais si je reviens aux CFF, pour le confort ou la sécurité des passagers, le contact avec les clients, même les fraudeurs, ne pourraient-ils pas continuer à vendre des billets, surtout s'ils sont si peu nombreux?

2 commentaires:

  1. Et bien je dirais moi personnellement (clin d'oeil à qqn qui va se reconnaître en lisant ceci), j'aime le contact avec les gens, même si, il est vrai, le job de certains chinois ne doit pas être des plus stimulants. Mais néanmoins ces personnes ont une raison de se lever le matin, et ont une place dans la société malgré tout. Je trouve qu'il est bien plus agréable d'avoir un petit signe et sourire de qqn (bon, chez nous, le sourire est en option apparemment), plutôt que le contact d'un distributeur "qui nous demande seulement de la thune" pour un billet de train par exemple. Et je crois également que les gens perde cette habitude des contacts sociaux... J'étais dans un bus navette qui rentrait des Promos hier soir, et il y avait une bande de jeunes racailles (je suppose env. 14ans) dans le bus super plein. (Je laisse de côté l'aspect "éducation" ici, qui nous amènerait à un débat de minimum 6h, ce qui serait long pour un dimanche après les Promos). Ils chantaient (ou devrais-je dire "hurlaient") des chansons, alors qu'on était bondé dans ce bus et qu'on était certainement tous dans un état de santé générale assez moyenne (fatigue, alcool, etc). Et une femme a gentiment dit que ce serait sympa de penser aux autres gens de ce bus et de les respecter en faisant moins fort. Elle avait entièrement raison, et l'a dit de manière tranquille. Une des petites poufs du groupe tonitruant a hurlé (apparemment, c'est comme ça qu'on se parle "chez les jeunes") que c'était qu'une salope et a hurlé de plus belle une nouvelle chanson, que les autres ont hurlé à leur tour.. En conclusion (et oui, il y a une conclusion à ce gros pâté), je soupçonne la société de ne plus savoir comment communiquer et échanger. Il n'y a plus vraiment de contact humain.
    Allez, mais c'était seulement mon avis perso hein, t'en fais ce que t'en veux (ou encore une très belle phrase: " J'dis ça, j'dis rien").
    Bizzzooou!

    RépondreSupprimer
  2. Tu dis beaucoup... C'est vrai que savoir communiquer ne s'apprend, me semble-t-il, qu'au contact d'autres personnes. Tous ces solitaires devant leurs machines qui communiquent tout le temps avec des codes de communication propres à ce genre d’échanges, même un vocabulaire spécifique, ont-ils les bons codes en face à face? D'après ton exemple, il semblerait que non...

    RépondreSupprimer