Pour qui? Pour quoi?


A peine arrivée, j'ai eu envie de rédiger et d'illustrer nos découvertes et notre nouvelle vie. Pour ceux que ça intéresse, mais aussi pour nous, des fois que nos mémoires nous jouent des tours.

mercredi 29 juin 2011

Les enfants plient sous le poids des attentes


Juin. Ici comme ailleurs c'est le temps des examens. Si, dans certains pays, les examens ont lieu épisodiquement, en Chine, ils sont non seulement monnaie courante, mais en plus, il faut être "bon". J'ai expérimenté, merci (voir Apprendre à l'uni).


Les enfants, eux, n'ont pas trop le choix. Je suis tombée sur un article de Wan Lixin qui commente un autre article de Luo Dacheng paru dans le Wenhui Daily du 13 juin. Extraits.
" Je suis peiné de voir mon petit-fils tellement fatigué chaque jour. Dans notre foyer, ce ne sont pas ceux qui vont travailler qui sont fatigués, mais mon petit fils de 7 ans et demi. Sa vie est celle d'un ouvrier d'usine constamment sous tension et nerveux d'atteindre de bons résultats.
 Les enfants se plaignent de la difficulté de leurs leçons et, le week-end, ils passent d'un cours de soutien à l'autre pour améliorer maths, chinois et anglais.
 Mon petit-fils, quand il n'en peut plus, crie à sa mère: "Ne me pousse pas davantage, je ne veux plus rien apprendre!" Il a même explosé: "Si tu me pousses encore, je vais sauter par la fenêtre. Je n'aurai plus de souci."
Peut-on imaginer de tels mots dans la bouche d'un enfant de 7 ans? "
Il semble que si les enfants n'ont pas trop de choix, leurs enseignants non plus. Leurs bonus et carrières sont liés aux résultats des élèves...

A l'article de Luo, une grand-mère a commenté. Alors qu'elle revenait de sa visite quotidienne au marché, un petit gars d'environ 7 ans qui marchait à son côté lui a annoncé qu'il était vraiment un as de la corde à sauter. Elle l'a constaté de ses propres yeux et l'a félicité. Mais au bout d'un moment, elle a dû prendre congé de lui  et lui a suggéré d'aller jouer avec des petits copains. Et lui de répondre qu'il ne trouvait personne de son âge, les enfants étant tous détenus chez eux par leurs parents pour cause de travail scolaire.

Il semble y avoir toutefois deux exceptions, les enfants d'enseignants et les enfants de migrants. La première catégorie est protégée par les parents qui veillent à ce que les petits aient notamment leur quota de jeu et de sommeil. Pour la seconde, c'est différent, leurs parents sont bien trop occupés ou n'ont pas les moyens financiers d'être ambitieux pour leurs enfants.

Le Premier Ministre Wen a mentionné ce souci dans son rapport annuel en mars, mais il semble que le problème ne date pas d'hier et qu'il faudra attendre encore longtemps pour constater des changements.


Juste sous nos fenêtres, il y une école primaire. Quand nous sommes arrivés, c'était encore les vacances. Mais, dès septembre, tous les matins, les élèves sont appelés par la fanfare scolaire, motivés par la directrice et appelés au respect de la patrie en regardant monter le drapeau chinois.  



A la fin de la journée, parents ou
grands-parents reprennent leur "trésor"
Voici ce que nous pouvons observer tous les matins. Tout d'abord, la petite fanfare qui sert de cloche appelle les élèves. Il est environ 8 heures.

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 La directrice y va de son petit sermon, puis silence et garde-à-vous, c'est la montée du drapeau.

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De ma fenêtre, je vois cette cour comme une partie importante de l'école. C'est aussi là qu'ont lieu les cours de gymnastique. Par tous les temps.

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Tous ces gosses font partie de mon "monde". J'aimerais croire que cette école, que ces enseignants, que ces parents et grands-parents leur laissent encore du temps d'être des enfants. En tous cas, le week-end, tout est fermé. Est-ce un bon signe?

Entre les klaxons de voitures ou de motos, écoutons-les chanter...

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